Purge, de Fange, chez Throatruiner

(English below)

Lors d’un détour estival, on assiste à un live de Dopethrone (on ne les présente plus, ces québécois malitornes, sti calice !), et en première partie, on découvre Fange, une formation de jeunots surexcités à l’âme aussi noire qu’une catastrophe pétrolière.

Leur son est gras, lourd, oppressant, et on aime ça. Après cette découverte live, l’écoute de leur nouvel opus, Purge, s’imposait. Leur énergie sur scène est brute de décoffrage, auto-destructrice, avec des influences harsh et punk plus présentes dans leur sludge très sombre. L’album présente un intérêt plus profond, plus sombre et plus travaillé, avec une meilleur fluidité dans la pose du noise.

Un groupe jeune donc, mais prometteur, si bien qu’on leur pardonne quelques maladresses au niveau des tripotages de boutons sur scène, qui semble pourtant leur donner satisfaction, affaire à suivre…

Benjamin qui officie à la guitare, au chant et aux manettes nous en dit plus :

Votre formation est assez jeune et pourtant le line up a tourné il me semble : une raison en particulier? 

Ben: Depuis 3 ans le line-up a en effet eu quelques remous, tout le monde nous en parle mais finalement il n’y a eu qu’un réel remplacement : derrière les futs.‎ Matthias a fait de la session live avant de pouvoir intégrer officiellement le projet et c’est tombé à un moment où Jyb faisait une petite pause pour se concentrer sur son boulot. Finalement ce sont plus des questions d’emplois du temps qu’autre chose depuis le départ de Baptiste qui sont à l’origine de cette modularité de formation.

Votre son est très « brut », pensez-vous que les machines soient nécessaires, surtout en live?  

Ben: Nécessaires : clairement. On s’en est rendu compte pendant les quelques concerts qu’on a fait sans Jyb au printemps. Au delà du travail de textures et d’épaisseur du son que la noise apporte pendant le set, on a surtout constaté qu’on jouait différemment‎, avec plus d’espace, plus de temps aussi pour laisser parler la matière sonore. Sans, c’était plus direct et punk mais il manquait un élément qui fait partie de notre identité musicale et de nos préoccupations sonores dès le début. Sur album c’est aussi une volonté d’apporter toujours plus de reliefs, de couleurs, de timbres qu’on va développer plus en profondeur par la suite, ne serait-ce qu’en terme d’écriture.

Vous dégagez tous une belle énergie sur scène, pourtant votre musique elle-même est criblée d’influences variées : vous pouvez nous éclairer sur vos goûts perso et votre but/envie commun(e)?

Ben: L’envie commune c’est tout simplement de se faire mal et de se défouler. Ce projet c’est un exutoire, on a autant de choses à dire musicalement que de choses à sortir physiquement. Jouer fort, sentir le son, vibrer et se faire saigner les tympans, c’est autant salvateur que rédempteur. On a beaucoup de pistes à explorer, du hip hop à la harsh noise en passant par le swedeath, la forme importe peu tant que notre vocabulaire et nos intentions sont cohérentes. Finalement l’identité musicale de Fange à l’heure actuelle n’est pas véritablement le reflet de ce qu’on écoute, mais plus de ce qu’on a envie de dire: MERDE.

Fange, c’est inclassable et c’est conseillé pour tous les amateurs de gros sons bien déprimant.

Ca s’écoute et s’achète là :Bandcamp de Fange

Prochaine suée en France le 27 Octobre à Nantes (Scène Michelet)

ben-et-dopethrone

Ben de Fange au chant avec Dopethrone, Nantes, Le Ferrailleur.

Fange, Purge

During the summer, at the Dopethrone gig in Nantes  (no need to introduce these loud fellows “sti chalice!”), loud discovery of Fange, an overexcited youngsters band whose soul is as black an oil disaster. Their sound is heavy, oppressive, and we like that. After this live discovery, listening to their new album, Purge, was an absolute necessity. Their energy on stage is rough around the edges, self-destructive, with harsh and  punk influences and more present in their very dark sludge. The album presents a deeper interest, darker and worked with a better flow in the installation of noise.

A young band so but quite promising, so we forgive them some awkwardness with buttons on swindles, yet that seems to satisfy them. To be continued …

Benjamin officiating on guitar, vocals and joysticks tells us more:

Your band  is quite young and yet the line-up has already turned, any particular reason?

Ben: Since 3 years the line-up has in fact had some turmoil. The only real change has been behind the drums.  Matthias made somelive sessions before he officially integrated the project and it fell at a time when Jyb was a break to concentrate on his job. Finally there are more job time issues than anything else since Baptiste has left.

 

Your sound is very « raw », do you think that machines are needed, especially live?

Ben: Clearly needed. We realized this during the few shows we did without Jyb this spring. Beyond the work of textures and thickness of the sound that the noise brings during the set, we mostly found we played differently, with more space, more time also to let speak the sound material. It was more direct and punk but lacked an element that is part of our musical identity. The sound was one of our concerns from the beginning. On this album, there is also a desire to provide ever more details, colors, stamps we will develop more in depth later, be it in writing term too.

 

You release all a great energy on stage, yet music itself is riddled with varied influences: you can tell us about your personal tastes and your goal / common desire (e)?

Ben: The common desire is simply to get hurt and to vent. This project is an outlet, there are as many things to say musically things out physically. Play hard, feel the sound, vibrate and cause the bleeding of all eardrums, as redeeming. We have many ways to explore, from hip hop to the harsh noise through swedeath, and the shape matters as our vocabulary and our intentions are consistent. Finally the musical identity of Fange at present is not really a reflection of what we listen to, but most of what we want to say: FUCK OFF.

Fange is unclassifiable and is recommended for all lovers of big, depressing sounds.

It is listened to and sold there: Fange’s Bandcamp

Sweat in France next October 27 in Nantes (Scène Michelet)

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